Appel à contributions – No 41/2026
Intelligence artificielle : pièges et opportunités pour les sciences du langage
Délai d’envoi des contributions : le 15 mai 2026
Publication en ligne : juillet 2026
Responsables du numéro 41 :
Ludmila ZBANŢ lzbant@yahoo.fr et Ina SITNIC inasitnic@gmail.com;
Toutes les contributions seront envoyées sur les adresses des responsables et sur l’adresse de la revue anadiss2023@gmail.com.
Intelligence artificielle : pièges et opportunités pour les sciences du langage
Les origines de l’Intelligence artificielle (IA) « figurent déjà in ovo dans la philosophie des siècles précédents » et, « en un sens, l’IA est donc la philosophie de la connaissance » (Adler, 2023). En expansion à partir des années 1950, l’Intelligence Artificielle n’a cessé d’évoluer, mais c’est à partir des années 1980 que les ordinateurs accueillent des algorithmes « apprenants », dont l’efficacité est due à l’absence de l’émotion et de la subjectivité, conditions primordiales dans la recherche scientifique.
Les recherches modernes en sciences du langage ont réalisé des progrès visibles grâce aux tendances intégratives et à l’émergence d’un continuum communicatif holistique qui implique l’IA et cette synthèse transdisciplinaire fonctionne comme une nouvelle compatibilité des paradigmes conceptuelles des sciences du langage et d’autres sciences, tout en offrant un outil universel pour la recherche. D’un point de vue technique, ces développements reposent sur des modèles formels de l’intelligence et de l’action rationnelle, qui ont façonné les architectures modernes de l’IA et les pratiques de recherche (Russell ; Norvig, 2022).
Créée sous l’impact de « la troisième révolution technico-linguistique », l’IA « fait l’objet d’évaluations contrastées » (Auroux, Deschamps, Kouloughli, 2004), surtout que, un fois la digitalisation proliférée, les algorithmes deviennent « les gardiens », mais aussi « les manipulateurs » de l’information.
Force est de constater aussi qu’au-delà des débats sur les pièges et les opportunités ou encore sur les possibilités et les limites de l’intervention de l’IA dans les recherches scientifiques sur les langues et les langages, nous enregistrons aussi les paradoxes de l’équilibre dynamique entre l’Intelligence humaine et l’Intelligence artificielle. L’IA est un instrument très valeureux qui contribue à la vérification, à la synthèse et à la création, mais c’est l’Intelligence humaine qui s’occupe de la post-vérification (pour exclure les hallucinations de l’IA, un phénomène dans lequel un grand modèle de langage créé des résultats absurdes ou totalement erronés) et c’est l’Intelligence humaine qui est douée de la créativité, une condition absolue par exemple dans le cas des traductions littéraires.
Sur bien des points, les sujets se prêtent à des approches et des visions multiples et, dans le cadre du contexte esquissé, plusieurs thématiques peuvent être abordées dans le numéro 41 de la revue ANADISS pour ce qui est des approches de l’IA en interférence avec les sciences du langage, notamment :
- Intelligence artificielle et recherche (évolutions et développement des méthodes de recherches en sciences du langage, constitution et traitement des corpus etc.)
- Intelligence artificielle et sciences du langage (contributions à l’analyse textuelle, aspects sémantiques, problèmes morphosyntaxiques et lexicaux liés au traitement automatique des langues, les néologismes)
- Intelligence artificielle et traduction (types de traduction : littéraire, scientifique, pragmatique, automatique, intersémiotique ; recherche des équivalences ; stratégies de traduction ; erreurs de traduction)
- Intelligence artificielle et littérature (genres littéraires ; respect du style de l’auteur ; degré de créativité)
- Intelligence artificielle et métaphore (contributions de la linguistique cognitive)
- Intelligence artificielle et éducation (apprentissage des langues, communication scientifique, communication spécialisée)
Sans prétendre à l’exhaustivité, ce ne sont que quelques axes de réflexions qui peuvent être complétés.
Les contributeurs sont invités à respecter les normes éditoriales décrites ici.
Bibliographie :
Adler, Daniel, 2023, Intelligence artificielle, intelligence humaine : la double énigme. Paris : Éditions Gallimard.
Alonso, Elisa; Vieira, Lucas Nunes, 2021, The impact of technology on the changing role of the translator in globalized translation workflows. In: Esperança Bielsa et Dionysios Kapsaskis, dir. The Routledge Handbook of Translation and Globalization. Londres : Routledge, p.391-405.
Auroux, Sylvain ; Deschamps, Jacques ; Kouloughli, Djamel, 2004, La philosophie du langage. Paris: Presses Universitaires de France.
Briva-Iglesias, Vicent; O’Brien, Sharon; Cowan, Benjamin, 2023, The Impact of Traditional and Interactive Post-editing on Machine Translation User Experience, Quality, and Productivity. In: Translation, Cognition & Behavior, 6(1), pp. 60-86.
Chomsky, Noam, 2023, The False Promise of ChatGPT. The New York Times.
https://www.nytimes.com/2023/03/08/opinion/noam-chomsky-chatgpt-ai.html
Harari, Yuval Noah, 2024, NEXUS. A brief History of Information Networks from the Stone Age to AI. New York: Random House LLC/ Harari, Yuval Noah, 2024, NEXUS. Une brève histoire des réseaux d’information, de l’âge de pierre à l’IA (Traduit de l’anglais par David Fauquemberg), Éditions Albin Michel.
Koponen, Maarit, 2023; Dorothy Kenny (ed.), 2022, Machine translation for everyone: Empowering users in the age of artificial intelligence. The Journal of Specialised Translation, (40), pp. 353-356.
Kovari, Attila, 2025, Ethical use of ChatGPT in education – Best practices to combat AI-induced plagiarism. Frontiers in Education. Vol. 9, 7p.
Mounin, Georges, 1964, La machine à traduire. Histoire des problèmes linguistiques. London, Paris: The Hague, Mouton.
Ohashi, Louise, 2024, Machine translation in language education: A systematic review of open access articles. Kenkyu Nenpou: The Annual Collection of Essays and Studies. pp. 105–125.
Penet, J.C; Moorkens, Joss; Masaru, Yamada, 2025, Teaching translation in the age of generative AI: New paradigm, new learning? Language Science
Peng, Wang; Smith Pete, 2025, Multilingual Artificial Intelligence. Routledge
Popenici, Stefan, 2023, Artificial Intelligence and Learning Futures. Critical Narratives of Technology and Imagination in Higher Education. New York: Routledge.
Pym, Anthony; Hao, Yu, 2025, How to Augment Language Skills: Generative AI and Machine Translation in Language Learning and Translator Training. Routledge.
Stuart J., Russell; Norvig, Peter (ed.), 2022, Artificial Intelligence: A Modern Approach. Pearson Education Limited.
Wang, Ning; Wang, Hongtao, (eds.), 2025, Literary Translation in the Era of Artificial Intelligence. Challenges and Its Future Prospects. Vol. 69, No. 4, 143p.
Appel à contributions – No 39-40/202 Interférences discursives
Délai d’envoi des contributions : le 15 mai 2025
Publication en ligne : juillet 2025
Délai d’envoi des contributions : le 15 septembre 2025
Publication en ligne : décembre 2025
Responsable des no 39 et 40 :
Mariana ŞOVEA mariana.sovea@litere.usv.ro et anadiss2023@gmail.com
Interférences discursives
La réalité linguistique actuelle, où « langage, discours et société se co-construisent » (Boutet, Maingueneau, 2005) conduit le linguiste à constater la difficulté de construire des corpus d’étude homogènes, les frontières entre les différents types de discours étant de plus en plus perméables.
Ce constat n’est pas nouveau : il y a une vingtaine d’années déjà, les Carnets du Cediscor analysaient « Les rencontres discursives entre sciences et politiques dans les médias » (2000) ou « La perméabilité des frontières entre l’ordinaire et le spécialisé dans les genres et les discours » (2014) en essayant de montrer comment des aspects discursifs spécifiques à un type de discours (scientifique, spécialisé) viennent s’insérer dans un autre type de discours (politique, ordinaire) créant ainsi des discours ou des genres « hybrides », plus difficiles à identifier et à saisir par l’analyse.
La complexité de ce phénomène d’« hybridation discursive » et la multiplication des « mutations discursives » observées dans les différents types de discours expliquent l’attention croissante portée à l’interdisciplinarité et à l’interculturalité, en tant que concepts qui peuvent aider à saisir et expliquer ce phénomène. Patrick Charaudeau (2010), dans son travail « Pour une interdisciplinarité focalisée dans les sciences humaines et sociales », invite ainsi les chercheurs à reconnaitre leurs propres limites épistémologiques et à profiter des recherches effectuées dans des disciplines voisines afin de confirmer et légitimer les conclusions déduites dans un cadre de recherche monodisciplinaire.
Partant de ce constat, les numéros 39 et 40 de la revue ANADISS invite les contributeurs à identifier et à dégager des configurations discursives inédites nées du métissage des genres et des discours, à essayer de présenter les sources et les raisons de cette hybridité à travers des méthodologies de recherches spécifiques autour de plusieurs axes de réflexion :
Les contributeurs sont invités à respecter les normes éditoriales décrites ici.
Bibliographie
Boutet, Josiane, Maingueneau, Dominique, 2005, « Présentation », Langage & Société, 114, pp. 9-13
Bonnafous, Simone, Temmar, Malika, 2007, Analyse du discours et sciences humaines et sociales, Paris, Ophrys
Charaudeau, Patrick, 2010, « Pour une interdisciplinarité focalisée dans les sciences humaines et sociales », in Questions de communication no.17, Les cultures des sciences en Europe, Chavot, Philippe, Masseran, Anne (dir), pp.195-222
Cusin-Berche, Fabienne (dir.), 2000, Les rencontres discursives entre sciences et politiques dans les médias, Les Carnets du Cediscor no. 6, Paris, Presse Sorbonne Nouvelle
Darbellay, Frédéric, 2005, Interdisciplinarité et transdisciplinarité en analyse des discours : complexité des textes, intertextualité et transtextualité, Slatkine
Duchastel, Jules, Laberge, Danielle, 1999, « La recherche comme espace de médiation interdisciplinaire », Sociologie et sociétés no. 31, Les Presses de l’Université de Montréal
Langage & Société, 2005, « Approches interdisciplinaires des pratiques langagières et discursives », 114, Editions de la Maison des sciences de l’homme
Oger, Claire, 2013, « Formes et périmètres de l’interdisciplinarité : l’exemple de l’analyse des discours institutionnels », in Cahiers de recherche sociologique no. 54, pp.17-37
Rakotonoelina, Florimond (dir.), 2014, La perméabilité des frontières entre l’ordinaire et le spécialisé dans les genres et les discours, Les Carnets du Cediscor no. 12, Paris, Presse Sorbonne Nouvelle
Appel à contributions – No 37-38/2024
Biographie langagière et dynamique de La langue
Délai d’envoi des contributions : le 15 mai 2024
Publication en ligne : juillet 2024
Délai d’envoi des contributions : le 15 octobre 2024
Publication en ligne : décembre 2024
Responsable des no 37 et 38 :
Corina IFTIMIA corina.iftimia@usm.ro
Biographie langagière et dynamique de La langue
Les deux numéros 37 et 38 réuniront des travaux consacrés à la réflexion autour de la biographie langagière, concept mis en rapport avec celui de la dynamique de la Langue (en sens saussurien).
Le concept de biographie langagière est assez ancien et fait référence au contexte linguistique où se déroule la vie d’un individu. Il est apparu en 1977 chez Richterich et Chancerel, dans leur ouvrage intitulé L’identification des besoins des adultes apprenant une langue étrangère. À l’origine, ce concept s’appliquait au domaine de la didactique des langues pour examiner le rapport du futur apprenant avec la langue qu’il se proposait d’apprendre : ses connaissances préalables, les objectifs à atteindre, les motivations et les sanctions.
Les perspectives s’élargissent avec des travaux récents qui offrent des définitions plus affinées du concept en question. Chez Cuq, par exemple, « la biographie langagière d’une personne est l’ensemble des chemins linguistiques, plus ou moins longs et plus ou moins nombreux, qu’elle a parcourus et qui forment désormais son capital langagier » (Cuq, 2003, p. 36 37). Il s’agit donc de la totalité des expériences langagières d’un individu qui le construisent et le définissent le long de son existence.
Avec le professeur émérite Julien Kilanga de l’Université d’Angers, France, on retrouve le cadre institutionnel de l’applicabilité de ce concept. Il définit la biographie langagière comme « la vie des langages ou des langues dans un contexte donné ou à travers la vie d’un individu, locuteur de ces langues » (Kilanga, 2006, p. 95).
La biographie langagière est devenue dernièrement un outil d’investigation qui permet de mettre en évidence le parcours de l’acquisition d’une ou de plusieurs langues d’une personne le long de sa vie, dans le contexte culturel, affectif, identitaire, sociolinguistique vu dans sa dynamique. Elle possède aussi une importante dimension évaluative et auto-évaluative des usagers de la langue qui est intéressante à explorer.
On est donc devant deux perspectives complémentaires d’analyse : une qui vise la biographie langagière d’un groupe, d’une collectivité et une qui est centrée sur l’histoire personnelle, unique d’un individu (Barbot, 2000). Mais là encore, on signale que la biographie langagière individuelle « sera influencée par l’environnement familial, mais aussi culturel (situation de monolinguisme ou de plurilinguisme, langues obligatoires à l’école) et social (mobilité à l’étranger : immigration, séjour professionnel, tourisme) » (Barbot 2000).
Le concept de biographie langagière réunit deux domaines de recherche connexes, à savoir tout ce qui se rapporte à la dimension biographique d’un individu, avec les dérivés connus (autobiographie, récit (auto)biographique) et à la dimension linguistique de la vie d’un individu, ce qui a donné naissance à des termes tels : biographie/autobiographie linguistique, récits langagiers, histoires langagières.
Partant de ce constat, les deux numéros de la revue ANADISS proposent pour le dossier thématique plusieurs axes de réflexion :
- apprentissage d’une langue étrangère dans un contexte linguistique déterminé;
- récit (auto)biographique langagier, récit langagier, histoire langagière etc.;
- le discours didactique et la didactique des langues étrangères.
Les contributeurs sont invités à respecter les normes éditoriales décrites ici.
Bibliographie :
BACHELART, D., & PINEAU, G. (Éds.). (2009). Le biographique, la réflexivité et les temporalités: Articuler langues, cultures et formation. L’Harmattan.
BARBOT, M.-J. (2000). Les auto-apprentissages. CLE International.
BLANCHET, P., & CHARDENET, P. (2011). Guide pour la recherche en didactique des langues et des cultures : Approches contextualisées. Agence universitaire de la francophonie Éditions des archives contemporaines. https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-01436588.
BONGAERTS, T. (2003). Effets de l’âge sur l’acquisition de la prononciation d’une seconde langue. Acquisition et interaction en langue étrangère, 18, 79 98. https://doi.org/10.4000/aile.1153
CUQ, J.-P. (2003). Dictionnaire de didactique du français langue étrangère et seconde. CLE International.
MUSINDE KILANGA, J. (2006). Biographie langagière et conscience plurilingue en contexte africain. In M. Molinié, Biographie langagière et apprentissage plurilingue (p. 95 101). Le Français dans le Monde.
LEJEUNE, P. (1975). Le pacte autobiographique. Seuil.
LEJEUNE, P. (2005). Signes de vie. Seuil.
LEJEUNE, P. (2013). Autogenèses. Les brouillons de soi 2. Seuil.
POUNGPINYO, Tarunthai, Impact de la biographie langagière des apprenants thaïlandais, conjoints de francophones, sur l’apprentissage du FLE en contexte hetero-homoglotte : analyse et proposition (thèse de doctorat)
RICHTERICH, R., & CHANCEREL, J.-L. (1977). L’identification des besoins des adultes apprenant une langue étrangère. Hatier.
